Il y a des randonnées que l’on fait pour marcher. Et puis il y a celles dont on se souvient pour l’émotion de l’arrivée.
Le lac d’Oô appartient incontestablement à la seconde catégorie.
À quelques kilomètres de Luchon, la randonnée commence aux Granges d’Astau, au fond de la vallée. Le chemin s’élève progressivement sur le GR10, entre forêt, torrents et montagne. Comptez environ 1 h à 1 h 15 de montée pour rejoindre le lac.
Et parfois, le décor réserve une rencontre supplémentaire : des chevaux sur le chemin. Dans cette vallée où la montagne est encore pleinement vivante, leur présence donne à la balade quelque chose d’intemporel.
C’est probablement ce qui rend le lac d’Oô si particulier.
On marche, on monte, on devine que l’on approche… mais le lac semble vouloir se faire attendre.
Puis il apparaît.
À 1 507 mètres d’altitude, caché au creux des montagnes, le lac d’Oô dévoile ses eaux sombres et, juste en face, son immense cascade de 275 mètres, descendant du lac d’Espingo.
Il y a souvent quelques secondes de silence.
Après l’effort de la montée, découvrir ce lac que l’on ne voyait pas venir procure une émotion assez difficile à raconter. C’est un peu comme si la montagne avait gardé le paysage derrière elle jusqu’au dernier moment.
Et c’est peut-être cela, le véritable luxe du lac d’Oô : devoir marcher pour le découvrir.
Le lieu est aujourd’hui considéré comme le deuxième site naturel le plus visité des Pyrénées, après Gavarnie, et le site naturel le plus visité de Haute-Garonne.
Et puis il y a ce petit bonheur supplémentaire : pouvoir s’arrêter une fois arrivé.
Installé au bord de l’eau, le refuge du lac d’Oô permet de boire un verre, prendre un café, manger quelque chose ou simplement prolonger encore un peu le moment face au lac et à sa cascade.
Restaurant, snack, buvette, glaces et desserts y attendent les marcheurs. Pour ceux qui souhaitent vivre l’expérience autrement, le refuge propose également un hébergement en demi-pension sur réservation, avec une capacité de 25 personnes, réparties entre chambres et dortoirs.
Imaginez alors le lac lorsque les randonneurs redescendent peu à peu vers la vallée…
Le silence revient.
La lumière change.
La cascade continue de tomber.
Et pour quelques privilégiés, le lac d’Oô devient presque un lac privé.
La montée à travers la forêt, les chevaux que l’on peut parfois croiser, le bruit de l’eau qui accompagne la marche… et surtout ce moment précis où le lac apparaît enfin.
Puis s’installer au refuge, commander quelque chose et regarder simplement la cascade.
À Luchon, certains paysages se contemplent depuis une route ou une télécabine.
Le lac d’Oô, lui, se mérite un peu.
Et c’est sans doute pour cela que l’arrivée est si belle.